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jeudi 18 février 2010

Morisques

LES MORISQUES
Par Ahmed BENZELIKHA.
(Abstract)

C’est vers 1500 qu’apparait en Espagne le terme Morisques pour désigner les convertis musulmans. Soit huit ans après la chute de Grenade, dernière Cité à tomber sous les coups de boutoir des souverains chrétiens bien décidés à  reconquérir ce que la propagation de l’Islam avait pu asseoir en Espagne.

Les Morisques étaient les descendants des derniers musulmans restés à Grenade après la chute de celle-ci en 1492 . Mis dans l’obligation de se convertir, ils s’y soumettront, sans que cela suffise à satisfaire l’Espagne, bien décidée à extirper le       « Maure » fut-il chrétien.

C’est ainsi qu’une politique de véritable apartheid, puis de spoliation et enfin de pérsecution et de déportation fut réfléchie, conçue et exécutée par l’Etat espagnol. Cette politique fut fondée sur un principe ouvertement raciste, instauré par Charles Quint en 1535, celui de la « propreté du sang » ( limpieza de sangre ) pour accéder à une fonction rémunérée.

En 1609, Philippe III ira plus loin, il décrète qu’aucun descendant de Musulmans, fusse-t-il chrétien ne pourra résider en Espagne sous peine de mort  et fait procéder à la déportation d’un demi-million de personnes dont la patrie était l’Espagne.

Ces personnes seront érigées, pour la circonstance, en une nation imaginaire en tout point opposée à la nation espagnole : la "nation morisque", artefact idéologique censé justifier l’extermination d’un groupe et surtout sa spoliation économique.

Car si le rejet du Musulman, venu apporter le message de l’Islam, hérétique aux yeux du Chrétien, était réel, il n’en demeure pas moins que d’autres aspects plus prosaïques, furent à l’origine de cette vaste entreprise de prédation.

Le trésor du Maure, dont l’imaginaire espagnole est si fortement imprégné, n’est pas seulement celui "caché", c’est aussi et surtout toute les richesses accumulées par cette communauté prospère, au savoir-faire indéniable et aux ressources importantes, qui attisent les convoitises jusqu’au plus haut sommet de l’Etat espagnol.



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