Noureddine BELHACHEMI
En quête d’une absence si présente.
Né à Sidi Chami en 1954, Nourredine Belhachemi a fréquenté l’Ecole des Beaux Arts, à Oran, Alger et Paris, puis l’université de Paris VIII. Il expose ses œuvres depuis 1980 et enseigne la communication visuelle. Ouvert et sincère, Belhachemi, l’homme, est doué d’une personnalité très attachante.
Quant à sa peinture, elle parvient, pour peu qu’on ne tienne pas assez en laisse ses sens, à dérouter notre (bon) goût
de l’homogénéité et notre propension à circonscrire.
S’en est fait, alors, de nos belles certitudes sur l’ordre des choses, sur cet ordonnancement de l’art qui veut que le
Beau soit objet et non émotion, figement et non élan.
Cet élan par lequel la peinture de Belhachemi, « règne par l’étrange pouvoir de l’absence ». Pouvoir d’un art éparpillé en bribes, par le souffle, qu’on devine tumultueux, de la quête. Quête, nous confie le peintre, de la spontanéité de l’art, de l’expression primitive de la pulsion créative.
Chimérique entreprise ! Serions-nous tenté de rétorquer, tant depuis le début du 20ème siècle, avec un renouvellement significatif après 1945, nul artiste se réclamant de cette recherche, n’a pu « éluder le bonheur ». Mais Belhachemi semble en avoir « fait la magique étude », réussissant à (nous) marquer (de) l’absence, de ce qui est sans être là, à nous convaincre de la valeur et de la nécessité de sa quête.
Les bribes deviennent alors réfractions, réverbérations, réminiscences d’un paradis perdu en nous, inéluctablement aliéné.
Qu’on soit enclin à étoffer la réminiscence, à combler non pas le vide, mais la place vide, et nous partageons la quête : la passion de la trace. C’est là alors que la peinture de Belhachemi atteint toute son ampleur, sa pleine signification.
Certes, cette communion est aléatoire, difficile même, en effet le peintre fuit l’aisance, laquelle rime trop ben avec complaisance, il se veut libre de toute contrainte sociale ou technique.
Dénonçant les conventions et les modes, Belhachemi s’insurge contre une peinture amuse-gueule des fines bouches, gagne-pain des gagne-petit. Exaltante ou rébarbative, c’est selon, la peinture de Belhachemi entend gagner en profondeur ce qu’elle perdrait en surface. Elle s’installe aux extrêmes, lâchant pied bien loin de tout confort esthétique ou intellectuel. En cela elle est à saluer.
Ahmed BENZELIKHA
Voir, voire regarder, s'arrêter, voire se reposer, poser des questions, comprendre, s'enthousiasmer, bref partager le bref passage. Marhba!
lundi 19 novembre 2007
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