Voir, voire regarder, s'arrêter, voire se reposer, poser des questions, comprendre, s'enthousiasmer, bref partager le bref passage. Marhba!

lundi 14 mai 2007

3ème ton

C'est ainsi que Corto Maltese me convia à prendre un café. C'était quelque part à Constantine, en contrebas de Djamaa el bey. Je regardais Essayed Ali guerroyer sur une gravure aux tons vert et jaune, rappelant les cartes du tarot espagnol," el ronda" du bleu de chauffe d'un monde révolu.
Il n'y avait aucun client, nous devions être les premiers de l'après-midi, le temps passe vite à Constantine, comme dans ce récit sismique de Si Tahar Ouettar. Il faisait chaud. Le vieux serveur semble s'ennuyer. Il m'est sympathique. Il ressemblait à un vieil oncle écrivain public, d'une fraicheur d'esprit toute juvénile, malgré les aléas de son existence. Un oncle fabuleux, qui avait plein d'histoires à raconter, des Américains de 1944 à sa rencontre avec un fantôme féminin, sur le pont de Sidi M'cid, une nuit d'hiver.
Je l'invite à prendre un café avec nous, il accepte une limonade tiède.
Il vient s'asseoir à notre table et engage la conversation.
- Il fait chaud.
- Oui, mais c'est supportable.
- Il n' y a pas becoup de monde.
- Seulement vous.
- (Désignant ma guitare) J'en jouais dans le temps.
- Vous avez arrêté ?
- On s'arrête toujours..., ma première guitare, je l'ai acheté à vingt ans, j'étais célibataire et je
travaillais comme docker.
- C'était bien ?
- D'être célibataire ?
- Non, les docks, les bateaux, le port..., tout ça..
- Faut aimer son métier et puis on n'a pas le choix.
- C'est vrai...

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